
La Grande Salle au 2ème étage du Tribunal fédéral accueille les audiences, les délibérations ouvertes aux parties et au public de la première et de la deuxième Cour de droit public (bger.ch).
Â
« Kathi » - ou la Suisse face au dogmatisme mondialiste (II)Â
Â
Par un arrêt du 17 janvier 2025, le Tribunal fédéral a levé une décision du Tribunal administratif de St-Gall et jugé le fonctionnement de l’école secondaire pour filles St-Katharina (« Kathi ») à Wil (SG) non-conforme à la Constitution. Les motifs : violations du devoir de neutralité confessionnelle des écoles publiques et du principe d’égalité de traitement. Â
« Il s’agit là d’une question absolument fondamentale pour notre système d’éducation. » Ainsi les propos tenus avant la séance publique par la Présidente de la deuxième Cour de droit public du Tribunal fédéral, Florence Aubry Girardin (Les Verts), tels que rapportés par la Neue Zürcher Zeitung (NZZ, 17.01.2025).
Â
Une importante victoire pour la machine à broyer les peuples
Â
Les journalistes ne le rapportent pas et un juge, en plus du devoir d’impartialité (sur lequel on ne peut que s’interroger dans le cas présent), se doit bien entendu de préserver sa dignité de magistrat, mais il nous est difficile d’imaginer qu’en ce 17 janvier 2025, la Présidente du Tribunal fédéral n’ait pas jubilé intérieurement à l’issue de ce jugement, qui marque l’aboutissement d’un combat mené depuis le début du XXème siècle par les forces progressistes contre les principes chrétiens de l’éduction et dont son parti (Les Verts) forme l’un des organes les plus fanatiques du système qui contrôle actuellement notre pays.
Â
Et si l’issue des délibérations nous apparaît à posteriori comme évidente, rien ne fut cependant totalement joué d’avance, car plusieurs facteurs, propres à la fois à la nature humaine et à la nature dialectique de la Révolution, entrent systématiquement en jeu en pareille situation : dans l’ordre pratique, le socialo-marxisme ne peut en effet être appliqué et se déployer socialement et politiquement (et donc juridiquement) que si les intelligences et les volontés des individus ont été préalablement « matrixées » de telle façon que ceux-ci confondent l’utopie avec la réalité sans que cela ne leur cause plus aucun problème de conscience.
Â
Ainsi, si avant la séance, la Présidente du Tribunal fédéral devait savoir qu’elle n’allait guère pouvoir compter sur un soutien des juges conservateurs Hänni et Kradolfer, elle devait sûrement se sentir bien plus sereine concernant la juge Marianne Ryter (PS), dont la voix, du fait des affinités socialo-marxistes, était pour ainsi dire par nature acquise à la cause. Quant au juge Yves Donzallaz (sans parti), la chose devait probablement encore être sujette au doute : en effet, comment ce Fribourgeois, Président du Tribunal fédéral deux années durant (2023 à 2024), domicilié en Valais, qui avait été exclu de l’UDC en 2020 pour avoir tranché à plusieurs reprises selon une ligne contraire au programme du parti national, allait-il se positionner ? Face aux faits (coutumes et usages locaux, volonté des habitants [des élèves et des parents directement concernés], jugement des autorités cantonales) ce dernier allait-il défendre les principes « de droite » de la Constitution (ici, la souveraineté cantonale en matière d’enseignement et le respect du principe de subsidiarité), les principes « à droite » (ici, une argumentation reposant sur la liberté individuelle) ou était-il lui aussi déjà suffisamment « matrixé » pour appliquer en primauté ses principes « de gauche » (ici, l’égalité rousseauiste, telle qu’inscrite dans l’article 8 de la Constitution fédérale [1999]).
Â
Bien entendu, l’arbre finissant toujours par tomber du côté duquel il penche, le juge Donzallaz, toujours selon la Neue Zürcher Zeitung (NZZ, 17.01.2025), devait (une fois de plus) contribuer à l’adaptation du droit national au droit du mondialisme, au motif « qu’un arrêt positif ouvrirait la porte au financement par l’État de toutes les écoles religieuses » et « qu’il faut tenir compte des arrêts analogues de la CEDH (Cour européenne des droits de l’homme) ».
Â
Le vote du Fribourgeois était-il motivé par un souci de la montée de l’Islam, qui implique inévitablement un renforcement de la stratégie de défense de l’enseignement « neutre » (c’est-à -dire athée) ? Était-ce en prévision de « l’épée de Damoclès » de la CEDH (auprès de laquelle les recourants se seraient par la suite tournés et auprès de laquelle ils auraient certainement obtenu raison) ? Ou est-il également « matrixé » ?
Â
Un arrêt historique
Â
Ce n’est qu’en considérant l’histoire de l’éducation et plus spécifiquement, la question de savoir si chaque sexe doit avoir une éducation qui lui soit spécifique, que l’on peut se faire une idée appropriée de l’importance – et de la gravité – de l’arrêt « Kathi ».
Ainsi, sur la question de savoir si la coéducation (c’est-à -dire de la mixité) est de droit naturel et donc compatible avec une éducation authentiquement chrétienne, la lettre encyclique Divinius Illius Magistri sur l’éducation de la jeunesse du Pape Pie XI (1929) est très claire et ne laisse guère de place à l’équivoque :
Â
(…) C'est une erreur du même genre et non moins pernicieuse à l'éducation chrétienne que cette méthode dite de " coéducation des sexes ", méthode fondée, elle aussi, aux yeux d'un grand nombre, sur un naturalisme négateur du péché originel. En outre, pour tous ses tenants, elle provient d'une confusion d'idées déplorable, qui remplace la légitime communauté de vie entre les hommes par la promiscuité et le nivellement égalitaire. Le Créateur a ordonné, et disposé la parfaite communauté de vie entre les deux sexes seulement dans l'unité du mariage ; ensuite, elle les sépare graduellement dans la famille et dans la société. Il n'y a d'ailleurs dans la nature elle-même, qui a fait les sexes différents par leur organisme, par leurs inclinations, par leurs aptitudes, aucune raison qui montre que la promiscuité, et encore moins une égalité de formation, puissent ou doivent exister. Les sexes, suivant les admirables desseins du Créateur, sont appelés à se compléter réciproquement dans la famille et dans la société, et justement par leur diversité même. Cette diversité est donc à maintenir et à favoriser dans la formation et dans l'éducation, en sauvegardant la distinction nécessaire, avec une séparation correspondante, en rapport avec les âges différents et les différentes circonstances. Ces principes sont à appliquer en temps et lieu, suivant les règles de la prudence chrétienne, à toutes les écoles, mais principalement durant l'adolescence, la période la plus délicate et la plus décisive de la formation. (…)
Â
Â

Une image d’une école de jeunes filles de la Suisse catholique, contraire aux dogmes du mondialisme : leçon de culture physique à l'institut Sainte-Ursule à Fribourg, 1934 (Musée gruérien, Bulle).
Â
Que l’école « Kathi » existât depuis plus de 200 ans, que son accès fût ouvert à des jeunes filles de toutes les religions, que des classes uniquement réservées aux garçons ont été proposées et que la qualité de l’enseignement – à l’heure de la dégradation générale de l’enseignement public en Suisse – y était réputée excellente n’y change rien : tout ce qui s’oppose en principe à la dogmatique mondialiste doit être éradiqué, tout ce qui est chrétien doit par conséquent disparaître du champ social, de la vie concrète des habitants de notre pays, ou être relayé dans des musées. Le socialo-marxisme passe avant tout, quitte à faire fi, lorsque c’est nécessaire, du pragmatisme dont il se réclame : tous les moyens sont bons, seule compte la fin. Et cette fin, c’est une Suisse enfin totalement soumise, comme toutes les autres nations, à ce pouvoir « démocratique » sans visage, mais bien réel et radicalement anti-chrétien, qui conquiert patiemment la face de la terre depuis plus de deux siècles.
Â

Sous la coupole du Palais fédéral, la devise de nos aïeux « un pour tous, tous pour un ». À condition de ne pas enfreindre la dogmatique mondialiste ?Â
Â
Â
Rejoignez sans tarder Civitas International. Christus Vincit !
Â
In Christo Rege
Â
POUR NOUS CONTACTER :
Â
Par mail : secretariat@civitas-international.org
Par courrier postal : Civitas International, C.P. 1951 Sion, Suisse
Par téléphone : +41 78 314 32 42



